L’univers de la marque Faouzia frad

35 ans de Haute couture...

Avenue Jugurtha, l’enseigne est discrète à l’image de celle qui l’a créée voila 35 ans déjà. Que de paillettes, perles et tissus précieux auront coulé sous le pont patiemment construit par l’habile Faouzia Frad.
Flash Back…..

Au début des années 80 la fille du ministre Habib Chatty vient de décrocher haut la main son diplôme d’orthophoniste à la Faculté de médecine de Paris.La jeune femme n’a pourtant pas fréquenté que les hôpitaux parisiens ; elle a aussi assidûment suivi les maisons de couture dont elle n’a raté aucun défilé. Ce monde lumineux qui sublime la femme la fascine….

Son éducation raffinée et son penchant naturel vers l’élégance feront définitivement pencher la balance vers ….les aiguilles. Après tout, elle considère qu’elle a accompli son devoir vis-à-vis de ses parents qui ne sont après tout pas étonnés de la découvrir, du haut de ses 20 ans, en chef d’entreprise.

Elle part d’un constat : la femme tunisienne ne dispose pas dans sa garde robe d’une robe d’hôtesse inspirée du patrimoine traditionnel, un vêtement luxueux, oriental, mais alliant également confort et élégance. Elle reçoit en habits européens et c’est bien dommage ! Qu’à cela ne tienne. Faouzia inventera ce « caftan » et reprend pour son compte cette appellation à l’époque marocaine. Pour moi dit-elle la femme tunisienne est une femme dynamique, coquette, saine et intelligente, qui crée, qui bouge et surtout qui existe par elle-même. « Lorsque je reçois une cliente, je suis à l’écoute de ses désirs et je mets tout en œuvre afin de satisfaire ses attentes, de trouver la pièce qui la mettra en valeur ! »

Le démarrage est rapide ! La jeune Faouzia ouvre son atelier avec 4 employés, dont un homme brodeur des sarrajines, car la broderie est une affaire d’hommes.

Et non, elle ne fera aucune publicité inutile. Le bouche à oreille fonctionne tant et si bien que la voilà 20 ans plus tard à la tête de la première maison de haute couture tunisienne employant 50 personnes dans ses ateliers. Rapidement en effet ses créations séduisent les belles de Tunis mais aussi l’Office National du Tourisme qui voit là le meilleur moyen d’exporter une imageséduisante et raffinée de la Tunisie.

Un premier défilé à la Baie des Singes en 1982, un an à peine après l’ouverture de la maison de couture. La courageuse Faouzia Frad ne recule pas devant l’effort. Des efforts qui portent leurs fruits . Les défilés s’enchaînent et les capitales de défiler : Rome, Milan, Paris, Madrid, Séville Londres, Dusseldorf, puis les pays du Golfe qui accueillent à bras ouverts la prodigue créatrice. Le Koweit, l’Irak, les Emirats, l’Arabie Saoudite, Bahrein, Oman, le Caire, Le Maroc…..les commandes se multiplient, milliers de pièces partent vers d’autres cieux habiller les femmes les plus élégantes du monde, Irma de Furstembers, Benazir Bhutto avec laquelle Faouzia s’est trouvée un jour nez à nez en ouvrant la porte de son atelier, Claudia Cardinale, et tant d’autres têtes couronnées qu’elle s’excuse de citer par discrétion. « La source de mon épanouissement est venue de là : il ne peut y avoir dans la vie plus grande source de fierté que celle de représenter son pays à l’étranger. La Tunisie est justement ce pays qui superbe la femme. Un peuple est composé à la fois d’hommes et de femmes, pratiquement à parts égales. Les régimes politiques qui ne laissent pas la femme prendre la place qu’elle mérite dans la société empêchent leurs pays d’avancer. »

Comme son père, Faouzia est devenue ambassadrice de son pays, l’ambassadrice de l’élégance et de la tradition tunisienne.

Sélima Mnasser
Réalités Femmes
Novembre 2006

La marque Faouzia Frad réinvente sans cesse cette alliance entre le délicat et le surprenant, le contemporain et l’oriental.

La création, le raffinement, l’originalité, la légèreté, la silhouette travaillée, les tissus vaporeux, la richesse des broderies…..

Influences :
Tunisienne, marocaine, ottomane, plus largement orientale

Matières :
Des matières nouvelles qui expriment les tonalités contemporaines de l’âme orientale

Broderies :
Fil d’or et fil d’argent, sarma, sarrajine, paillettes, crystal et perles fines expriment la richesse, la luminosité, la préciosité du vêtement, de sa coupe et de ses matières.